En une phrase
Une faille
dans la trame
Une lésion protokinésique® est une faille localisée dans le Vibratellium — la trame qui soutient et organise la matière du corps. Sur cette zone, la trame n'assure plus ce qu'elle assurait : ni le guidage, ni le soutien, ni la structure.
Dans ce modèle, la trame n'est pas une nappe continue et uniforme : elle s'appuie sur des milliers de points de référence répartis dans tout le corps, que Franck André appelle les points de connexion. Ce sont eux qui relient deux parties entre elles — une épaule et la tête du bras, une vertèbre et sa voisine, un organe et son enveloppe.
Une lésion protokinésique, c'est donc le moment où ces points de connexion cèdent sur une zone, sous l'effet d'une onde de choc : un impact unique et violent, ou l'accumulation de milliers de petits impacts répétés pendant des années.
Ce qui se passe sur la zone
Le point de connexion
qui cède
Le déplacement est minuscule — quelques millimètres. C'est justement ce qui le rend difficile à objectiver, et ce qui n'empêche pas la gêne d'être bien réelle et durable.
Intact — les points de connexion tiennent les deux parties à distance et dans l'axe : le mouvement est ample.
Rompu — après les chocs, les points ont cédé : quelques millimètres hors de l'axe, les tissus se compactent, la douleur s'installe.
Un exemple
L'épaule
Prenons l'articulation de l'épaule. L'omoplate et la tête du bras la forment ensemble. Ces deux os sont tenus par les muscles, les tendons, les ligaments, les fascias et la peau — et, dans ce modèle, par les points de connexion de la trame vibratoire, le Vibratellium. Souvenez-vous : la forme de l'épaule a été dessinée par le Vibratellium bien avant que les os et les muscles n'y soient présents (voir « Avant la matière, la forme »).
Tant que la trame vibratoire reste intacte, telle qu'à l'origine, l'épaule est souple, fluide, ample, solide dans le mouvement, et elle ne fait pas parler d'elle.
Supposons maintenant que cette épaule ait encaissé une violente chute à moto sur le côté. Ou bien, pendant des années et à petites doses, les plaquages du rugby, ou les impacts répétés d'un même geste, comme le swing au golf. La vibration parasite de l'onde de choc — ou des ondes répétées — entre dans le corps : elle se répand dans toute la zone de l'épaule, et elle y reste. Les points de référence qui relient l'omoplate et la tête du bras finissent par céder.
À partir de ce moment-là, la trame vibratoire n'exerce plus ses fonctions sur cette zone. Les deux parties de l'épaule se décalent de quelques millimètres par rapport à leur position d'origine, et toutes leurs composantes — os, muscles, tendons, fascias, système vasculo-nerveux, peau — se compactent entre elles. Vient d'abord une sensation de crispation, de gêne, de tension, parce que l'épaule et le bras ne sont plus dans l'axe qui leur permettait de bouger librement. Puis la douleur, une perte de force et un manque de précision dans le geste finissent par s'installer.
Ce déroulé n'a rien de propre à l'épaule : il vaut pour n'importe quelle autre zone du corps, à la suite d'un choc, d'un accident ou d'impacts répétés.
Au plus près des points
Deux points de connexion,
et ce qui les attire
Dans ce modèle, chaque zone du corps porte ses propres points de connexion. Reprenons l'épaule : un point de connexion sur l'omoplate, un autre sur la tête du bras. Ces deux points sont réglés sur la qualité vibratoire d'origine de la trame, et le lien vibratoire qui les unit tient l'ensemble.
Quand un impact vient déranger ces points, ce lien s'affaiblit. Leur attraction — on pourrait la comparer à une sorte de magnétisme — n'est plus aussi forte. Et plus les impacts s'accumulent dans la zone, plus cette attraction faiblit.
Jusqu'au moment où les deux points ne remplissent plus leur rôle : tenir la tête du bras contre l'omoplate. C'est alors que les deux parties de l'épaule se décalent de quelques millimètres, comme décrit juste au-dessus.
-
1À l'origine
Les deux points sont réglés sur la qualité vibratoire d’origine de la trame : le lien est plein, l’attraction forte.
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2Un premier impact
L’impact dérange les deux points : le lien vibratoire qui les unit s’affaiblit.
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3Les impacts s’accumulent
À chaque nouvel impact, l’attraction entre les deux points faiblit encore.
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4Le lien ne tient plus
Les deux points ne tiennent plus la tête du bras contre l’omoplate : elle se décale de quelques millimètres.
Illustration pour présenter l'idée du modèle protokinésique : elle ne représente ni l'anatomie réelle de l'épaule, ni une mesure.
- Un point de connexion
- Le lien vibratoire entre les deux points
- Un impact
Au toucher
Des zones dures,
sous la main
Les zones du corps où les ondes de choc se déposent ne restent pas sans réaction : sous l'effet de l'agression, elles se durcissent et se compriment. La peau, les muscles, les fascias, les organes, les os : tout est concerné. On ne perçoit pas forcément de douleur, mais souvent une gêne à la mobilité ou un manque de souplesse.
Cela se constate très simplement en touchant son corps : certaines zones sont dures, parfois douloureuses aussi, et de façon permanente. Elles portent une ou plusieurs ondes de choc : elles sont en lésion protokinésique — à ne pas confondre avec une contracture.
Ces zones ont tendance à rester dans cet état tant que leurs points de connexion n'ont pas retrouvé leur état d'origine — et c'est précisément ce que vise le traitement protokinésique.
Pour être clair
« Lésion »
ne veut pas dire ici
ce qu'il veut dire
en médecine
Le mot mérite une mise au point, parce qu'il prête à confusion. En médecine, une lésion désigne une atteinte constatée d'un tissu : une déchirure, une fracture, une inflammation — quelque chose que l'examen clinique ou l'imagerie peut objectiver.
La lésion protokinésique, elle, désigne autre chose : une faille dans la trame telle que la décrit ce modèle. Elle n'apparaît pas sur une radiographie, une IRM ou un scanner, et elle ne prétend pas s'y substituer. C'est un terme de la méthode, pas un diagnostic médical.
Cela n'a pas la conséquence qu'on pourrait en tirer trop vite. Un examen d'imagerie garde toute son utilité, et il reste indispensable : c'est lui qui écarte ce qui doit l'être. La Protokinésie ne remplace aucun diagnostic, aucun traitement, aucune intervention, et ne justifie de reporter aucune décision médicale. Si un professionnel de santé vous propose un examen ou un soin, cette page n'est pas une raison de le décaler.
Ce que vise le traitement
Rendre à ces points
leur état d'origine
C'est le but du traitement protokinésique : agir sur les points de connexion d'une zone pour qu'ils retrouvent leur état d'origine. Quand c'est obtenu, les deux parties concernées se réalignent et reprennent la place qu'elles occupaient avant.
La conséquence attendue est mécanique : les tissus cessent de se compacter, l'espace revient, le mouvement se dégage. C'est ce que Franck André appelle la régénérescence protokinésique.
Reste à dire ce qui n'est pas promis. Toutes les zones ne répondent pas de la même façon, tout ne se traite pas, et un corps qui a compensé pendant vingt ans ne se réorganise pas en une séance. Le bilan fonctionnel protokinésique (BIFOP) sert précisément à évaluer ce qui est atteignable avant de commencer, et à l'annoncer : son ordre, son rythme, sa durée. Ce qui ne relève pas de la méthode est écrit dans les notions et limites.
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La douleur, le messager
Quand cette trame est touchée, le corps prévient : c'est la douleur.