Le principe
L'onde ne s'arrête pas
là où le choc s'arrête
Le point d'impact est facile à désigner : c'est là qu'on a mal, là qu'il y a un bleu. On a donc naturellement tendance à croire que l'affaire s'arrête là.
Une onde de choc est pourtant une vibration, et une vibration se propage. Une fois entrée, elle traverse — au-delà du point d'entrée, en profondeur, et parfois assez loin. Elle ne s'arrête pas à la frontière de la zone douloureuse, parce que le corps n'a pas de frontière à cet endroit.
La distance parcourue dépend de l'intensité : plus le choc est puissant, plus l'onde va loin, et plus elle rencontre de structures en chemin — articulations, os, organes voisins.
Un exemple
Une chute sur les fesses,
et tout ce qu'elle traverse
C'est l'exemple que Franck André emploie depuis ses premiers écrits, ce qu'il explique à tout le monde : on tombe sur un seul endroit, et l'onde de choc en touche cinq ou six.
Six zones traversées — coccyx, hanches, bas du dos, colonne, base du cou, crâne.
Une seule chute — l'onde ne s'arrête pas au point d'impact, elle remonte.
La conséquence
Un seul choc peut
en valoir plusieurs
Si une onde traverse six zones, alors elle peut laisser une atteinte dans chacune. Autrement dit : un événement unique dans votre mémoire peut correspondre à plusieurs zones à traiter dans votre corps.
C'est une des raisons pour lesquelles un traitement ne se limite jamais à l'endroit qui fait mal. Une douleur cervicale peut renvoyer à une chute sur le bassin ; une gêne de l'épaule, à un choc reçu dans le dos. La zone douloureuse est le bout de la chaîne, rarement son début.
C'est aussi pourquoi l'autodiagnostic et le bilan fonctionnel protokinésique (BIFOP) vous demandent le déroulé d'un événement — comment vous êtes tombé, sur quoi, de quelle hauteur — et pas seulement l'endroit du bleu. Ce déroulé est ce qui permet d'estimer le trajet de l'onde.
Une précision, parce qu'elle change la façon de se représenter la chose : l'onde ne circule pas seulement le long du corps, elle le traverse aussi en profondeur. Un impact reçu en surface ne s'arrête pas à la peau et au muscle : il se propage vers les plans plus profonds, et peut concerner des structures qu'on n'associerait jamais au point d'entrée.
Ce que ça explique
Pourquoi la douleur
apparaît si souvent ailleurs
La propagation donne une première explication au décalage qui déroute tant de patients : la douleur ne se déclare pas à l'endroit du choc.
Elle n'est pas la seule. Le corps compense aussi : il déplace l'effort vers les zones encore disponibles, et c'est souvent celle qui compense qui finit par céder. Distance parcourue par l'onde d'un côté, report de charge de l'autre : entre le choc et la douleur, il peut y avoir plusieurs dizaines de centimètres et plusieurs dizaines d'années.
C'est aussi pour cela que le seul fait de traiter la zone douloureuse soulage un temps, puis laisse revenir la gêne : on agit sur une conséquence.
À suivre · section 4 sur 4
Les périodes d'accumulation
Rubrique ② · Les impacts et leurs ondes de choc