Le mot de Franck André
À la fin du BIFOP, un constat
À la fin du bilan fonctionnel protokinésique (BIFOP), j'évalue votre niveau d'altération vibratoire : d'abord pour le corps entier (c'est le niveau global), puis zone par zone.
À la différence de la compression, qui se mesure pendant l'examen du corps, le niveau d'altération n'est pas une mesure : c'est une jauge que je fixe à partir de mon expérience, celle de vingt-cinq années de pratique.
Et, avec l'expérience de ces années, je vous dis vers quoi la situation peut évoluer à terme si rien n'est fait. Ce n'est pas un pronostic : chaque corps est différent. C'est un repère, non pas pour vous faire peur, mais pour que vous puissiez décider en connaissance de cause.
Cette page vous montre ce constat sur un exemple : un homme de 55 ans, et son genou.
Franck André Ostéopathe DO MKDE — fondateur de la Protokinésie®
Pourquoi si longtemps après ?
« Pourquoi maintenant,
alors que je n'ai rien fait ? »
Prenons un homme de 55 ans. Pendant des années, il a couru sans problème. Puis une chute sur le genou, banale, comme il en a connu d'autres — et depuis, son genou lâche : il a mal à l'effort, il ne peut plus courir. La radio et l'IRM ne montrent rien qui l'explique. Et il se demande : pourquoi maintenant, pour une chute comme les autres ?
C'est la question que tout le monde pose. La réponse tient dans l'accumulation, et dans une capacité du corps, qui a une limite : le niveau de saturation.
Un choc n'a pas besoin d'être grave pour compter. Ce qui compte, c'est qu'il s'ajoute aux précédents. Tant que cette accumulation reste sous le niveau de saturation, le corps compense : il déplace l'effort, il s'arrange, et la personne ne ressent rien. Le jour où l'accumulation dépasse ce niveau de saturation, le corps n'a plus de quoi compenser : il lâche sous la contrainte, il ne tient plus cette charge, là où elle est la plus lourde. C'est ce jour-là que la douleur apparaît — pas le jour du premier choc.
D'où le décalage qui déroute tant de gens : entre les premiers chocs et le moment où le corps lâche, il s'écoule souvent dix, vingt, trente ans. La douleur ne vient pas de l'événement le plus récent, mais de tout ce qui s'est empilé avant lui. Retrouver cet empilement, c'est ce que fait la chronologie des chocs du BIFOP.
Pour situer où en est le corps, Franck André a posé une échelle : le niveau d'altération vibratoire*. Six niveaux, des premiers chocs qui ne laissent aucune trace jusqu'au seuil morbide. Elle se lit à deux échelles : pour le corps entier, et zone par zone — un genou peut être au niveau 4 quand l'épaule en est encore au niveau 1.
L'échelle
Les six niveaux
d'altération vibratoire*
Une échelle pour situer où en est le corps, en entier et zone par zone, des premiers chocs sans conséquence jusqu'au seuil morbide. Dans l'exemple qui suit, l'homme de 55 ans est au niveau 4 : c'est le niveau cerclé.
- 1 Niveau 1 · Altération minime Des chocs ont été reçus, mais ils n'altèrent ni le corps ni la capacité à se mouvoir. Compensation minime, compression minimale, décompensation insignifiante, pas de dégénérescence.
- 2 Niveau 2 · Altération légère Le corps commence à compenser : raideurs passagères, récupération plus lente après l'effort. Compression légère, pas de décompensation durable, pas de dégénérescence.
- 3 Niveau 3 · Altération modérée Le corps compense en permanence et approche de son niveau de saturation : gênes qui reviennent, fatigue. Compression installée, décompensation passagère, pas de dégénérescence visible.
- 4 Niveau 4 · Altération importante Le niveau de saturation est dépassé : la zone décompense, la douleur s'installe et les mouvements se limitent. Compression marquée, une usure peut commencer.
- 5 Niveau 5 · Altération sévère La décompensation dure : douleurs chroniques, mobilité réduite. Compression étendue, la dégénérescence s'installe et se voit souvent à l'imagerie.
- 6 Niveau 6 · Niveau morbide * Hypothèse : le corps n'a plus la capacité de réguler certaines zones, et il lâche complètement. Le seuil morbide est franchi : cela peut aller jusqu'à la perte d'une fonction ou d'un membre, par exemple une hernie discale avec paralysie des muscles releveurs du pied. D'autres troubles pourraient s'y rattacher, sans que le lien soit établi : des douleurs diffuses, dans une partie ou dans tout le corps ; une fatigue profonde et persistante ; des raideurs étendues ; une perte d'autonomie au quotidien. Par exemple : ne plus pouvoir rester debout sans douleurs de dos insupportables, ou ne pas pouvoir marcher plus de quelques minutes à cause de douleurs dans les pieds, les jambes ou le bas du dos ; ne plus pouvoir lever la tête, à cause d'un blocage du cou ou de vertiges. À ce stade, le plus souvent, la personne a besoin d'une opération, ou d'un traitement médicamenteux régulier et d'une aide au quotidien.
* Selon la Protokinésie. Échelle d'illustration : elle montre une logique, pas une mesure de votre corps. Seul un bilan (le BIFOP) évalue votre propre histoire. Elle ne se substitue à aucun avis médical.
* Niveau 6 : hypothèse de travail de la Protokinésie, non démontrée. Les troubles cités ont de nombreuses causes possibles et relèvent d'abord d'un avis médical : consultez votre médecin.
Un exemple
Un homme de 55 ans,
et son genou
Une vie plutôt normale. Vingt ans de foot, joué avec passion. Un travail en usine. Une dizaine d'hivers au ski, avec les copains. Et les chutes et les chocs du quotidien, comme tout le monde.
Jusqu'à 52 ans, il court sans problème. Puis une dernière chute sur le genou : l'impact de trop. Depuis, son genou est douloureux à l'effort et en flexion ; il ne peut plus courir. La radio et l'IRM ne montrent rien qui l'explique. On lui a parlé d'usure du cartilage, ou d'un éventuel surpoids.
Il n'a pas d'autre douleur importante. Mais à 55 ans, ce genou le handicape : il ne peut plus courir ni jouer facilement avec ses deux petites-filles. Et à son âge, la vieillesse ne l'explique pas.
Exemple d'illustration : il ne décrit pas un patient en particulier.
Le constat
Ce que dit
la fin de son BIFOP
Le schéma montre tout ce que son corps a encaissé, de la naissance à 55 ans, et le niveau de saturation du corps entier. Le constat qui lui est remis donne son niveau global, puis zone par zone.
← Faites glisser le schéma pour remonter le temps
Cliquez sur une chute marquante (1 à 5) pour savoir ce qui s'est passé.
Illustration pour présenter l'idée : les courbes et les niveaux sont posés pour l'exemple, ce n'est pas une mesure.
- Les chutes et les chocs du quotidien, toute la vie
- Vingt ans de foot, joué avec passion
- Le travail en usine
- Une dizaine d’hivers au ski, avec les copains
- Une chute marquante (cliquez dessus)
Et maintenant ?
Ce que ce constat
veut dire pour lui
Le constat de son BIFOP tient en deux lignes : un niveau global 4, et une seule zone qui a dépassé le niveau de saturation, l'axe genou-hanche. Partout ailleurs, son corps compense encore.
Ce n'est pas l'âge : à 55 ans, ses autres zones fonctionnent normalement. Ce n'est pas non plus la dernière chute à elle seule : elle a été l'impact de trop. Vingt ans de foot, l'usine, le ski et les chocs du quotidien avaient rapproché son genou du niveau de saturation, année après année ; cette chute l'a fait basculer.
Sans prise en charge, la zone ne revient pas d'elle-même sous le niveau de saturation. Même s'il arrête le sport, la décompensation peut continuer à progresser avec l'âge, vers le niveau 5, puis le niveau 6.
Les études vont dans le même sens pour un profil comme le sien :
- un genou qui a déjà subi un traumatisme a environ quatre fois plus de risque de développer une arthrose (24 études, près de 21 000 personnes) ;
- chez d'anciens footballeurs professionnels, la douleur du genou et l'arthrose sont deux fois plus fréquentes que chez les autres hommes, et la prothèse du genou plus de trois fois plus fréquente ;
- les métiers physiques — porter, s'accroupir, s'agenouiller — augmentent le risque d'arthrose du genou d'environ 60 %.
Source : Muthuri et al., méta-analyse, Osteoarthritis and Cartilage, 2011 (PubMed, en anglais) ↗
Source : Fernandes et al., British Journal of Sports Medicine, 2018 (PubMed, en anglais) ↗
Source : McWilliams et al., méta-analyse, Osteoarthritis and Cartilage, 2011 (PubMed, en anglais) ↗
C'est ce que Franck André lui expose à la fin du bilan : non pour lui faire peur, mais pour qu'il décide en connaissance de cause, pendant que la zone peut encore être prise en charge.
À l'issue du constat
Que faire,
alors ?
Trois voies s'offrent à lui. Le choix lui appartient : le rôle du BIFOP est qu'il le fasse en connaissance de cause.
- Avec la Protokinésie Lever les compressions, une à une
La lecture protokinésique propose un axe de travail : le BIFOP, puis un plan de soin. Il s'agit de lever, une à une, les compressions laissées par l'accumulation d'une vie.
Pour un cas comme le sien, avec une vie de chocs derrière lui, le travail est long : il peut s'étaler sur six mois à un an, selon la régularité des séances. Combien de séances ? Seul le BIFOP permet d'en évaluer le nombre, ou du moins l'axe à suivre : c'est le corps qui décide de la façon dont il se réajuste.
- Avec d'autres méthodes de soin Une voie aux issues connues
D'autres prises en charge existent, et elles ont leur place. Pour un genou comme le sien, leurs issues sont connues : infiltrations, opération, prothèse, avec leurs suites possibles.
La lecture protokinésique y ajoute un point de vigilance : si les compressions accumulées ne sont pas levées, le corps peut compenser ailleurs, et charger d'autres zones.
- Laisser faire Laisser le temps agir
Ne rien entreprendre, et laisser la nature suivre son cours. La zone décompense lentement, et cela peut aller jusqu'à un éventuel handicap définitif.
Au cabinet, dans 75 % des cas, les patients accèdent au programme de soins à l'issue de leur BIFOP. Ce qu'ils en disent : leurs avis sur Google ↗
À suivre · section 6 sur 6
Vieillesse ? La conséquence ?
Rubrique ⑤ · La compression, le mécanisme