Premier temps
Relever un état,
avant tout geste
Une prise en charge protokinésique ne commence jamais par un traitement. Elle commence par un bilan fonctionnel protokinésique (BIFOP), qui prend entre une heure et deux heures et demie.
Avant même ces deux temps, le BIFOP commence par un diagnostic différentiel, systématique : Franck André écarte ce qui relève d'abord d'un médecin — une pathologie, une urgence, un signe qui demande un examen — puis délimite ce qui relève de la Protokinésie. Ce tri est un acte de kinésithérapeute et d'ostéopathe, pas un diagnostic médical : quand un doute existe, la réponse est une orientation, pas un traitement.
Ce BIFOP fait ensuite deux choses. Il reconstitue votre histoire de vie — la chronologie de vos chocs, sports compris, métier compris, accidents et opérations compris. Puis il relève l'état de votre corps, zone par zone, à la palpation.
Le mot « mesurer » demande une précision, parce qu'il peut induire en erreur : aucun appareil n'intervient. Ce sont les mains qui relèvent, et l'échelle est celle du praticien. Ce n'est donc pas une mesure physique : c'est une cotation clinique, faite avec la même méthode et la même échelle à chaque fois — ce qui la rend comparable dans le temps.
Ce que ça donne
Une carte, pas
une impression
À la fin du BIFOP, l'état du corps n'est plus une sensation générale : c'est un relevé, zone par zone, que vous pourrez relire, car il vous sera remis.
Un schéma pour mieux comprendre
Souple — la zone glisse, l'amplitude est là : rien à traiter.
Comprimée — dense à la palpation, douloureuse : c'est le niveau que le BIFOP relève, zone par zone.
Une carte, pas une impression — c'est elle, et non la seule zone douloureuse, qui fixe l'ordre du traitement.
Deuxième temps
Rééquilibrer,
dans un ordre
Une fois la carte établie, le travail consiste à lever progressivement les compressions relevées — pas toutes en même temps, et pas dans n'importe quel ordre.
L'ordre suit la logique du mécanisme : on commence par les zones qui sont à l'origine de la chaîne, pas par celles qui font mal. Car traiter d'abord la zone douloureuse revient souvent à défaire une compensation dont le corps a encore besoin : il la reconstituerait aussitôt.
C'est ce qui explique qu'un traitement protokinésique soit un programme et non un geste unique : son ordre, son rythme et sa durée estimée sont posés à l'issue du BIFOP, et annoncés avant de commencer. Le détail se trouve sur la page du traitement, avec les durées et tarifs.
L'intérêt du relevé
Comment savoir si ça progresse,
autrement qu'au ressenti ?
Le vrai apport de cette étape est là. Le ressenti d'un patient sur son propre état varie beaucoup d'un jour à l'autre — la fatigue, le moral et le temps qu'il fait s'en mêlent. Il est donc peu fiable pour dire si les choses avancent.
Un relevé refait avec la même méthode, lui, se compare. On peut mettre côte à côte l'état d'une zone au premier BIFOP et son état trois mois plus tard, et regarder ce qui a changé — y compris quand la réponse est « rien ».
C'est ce qui permet de dire honnêtement où l'on en est, et d'arrêter quand il n'y a plus lieu de continuer. Ce que ce suivi ne permet pas de garantir est écrit dans les notions et limites.
À suivre · section 3 sur 4
La régénérescence
Rubrique ⑨ · La Méthode