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Découverte · rubrique ② · Les impacts et leurs ondes de choc

Les périodes d'accumulation

Section 4 sur 4

Le principe

Rien ne s'efface,
tout s'additionne

Le ressenti d'un choc, lui, s'efface : quelques jours, quelques semaines, et on n'y pense plus. C'est précisément ce qui rend l'accumulation invisible — on oublie au fur et à mesure, alors que le corps, lui, garde.

La lecture protokinésique part de là : chaque impact dépose quelque chose, ce dépôt se propage au-delà du point d'entrée, et surtout il s'ajoute aux précédents. Une zone du corps ne porte donc pas la trace du dernier choc : elle porte la somme de tous ceux qu'elle a reçus.

C'est ce total, jamais demandé dans un parcours de soin classique, que le bilan fonctionnel protokinésique (BIFOP) cherche à reconstituer — puis à évaluer zone par zone.

Quatre périodes

Une vie, et ce
qu'elle empile

Les sources de chocs ne sont pas les mêmes à 6 ans, à 20 ans et à 60 ans. Mais aucune période n'est vide — et chacune ajoute à la précédente.

Quatre silhouettes de verre alignées, la même personne à quatre âges — enfant, adolescent, adulte, personne âgée. L'enfant porte déjà une douzaine de points ambre — genoux, coccyx, mains, coudes, front ; ils sont de plus en plus nombreux d'un âge à l'autre, jusqu'à se rejoindre en plaques aux hanches, aux genoux et aux épaules chez la personne âgée.

Dès l'enfance, déjà des chocs — les chutes de l'apprentissage de la marche, les jeux : les premiers points sont là.

Rien ne s'efface — chaque période ajoute à la précédente, jamais ne retire.

Un jour, le corps décompense — trop de chocs reçus au fil du temps : si l'on n'agit pas sur leur accumulation, le squelette peut dégénérer*. Compenser, puis s'abîmer →

* Selon la Protokinésie. Cette lecture est propre à l'approche protokinésique, développée par Franck André à partir de ses observations au cabinet. Elle ne se substitue à aucun avis médical.

Silhouette de verre d'un tout-petit à quatre pattes, vu de profil ; une quinzaine de points ambre s'allument déjà — genoux, poignets, coudes, colonne, bassin, front, arrière du crâne, menton — avec des ondes concentriques au genou qui touche le sol.

Période 1 · De la grossesse à six ans

Avant la naissance et la petite enfance

Personne ne s'en souvient, et pourtant tout commence là : les premiers chocs sont reçus avant même de savoir marcher.

  • Pendant la grossesse — Ce que la mère encaisse, l'enfant le reçoit aussi : une chute, un freinage brusque en voiture, un choc au ventre, une longue route sur une chaussée défoncée.
  • La naissance — Le passage lui-même, et les gestes parfois nécessaires pour aider : forceps, ventouse, césarienne en urgence. Une naissance très longue ou très rapide compte aussi.
  • Les premiers mois — La tête qui heurte le bord du lit ou du parc, la chute de la table à langer, du canapé, du lit des parents, le siège-auto posé un peu fort.
  • L'apprentissage de la marche — Des centaines de chutes sur les fesses, sur les genoux, sur les mains ; le coin de la table à hauteur de front ; l'escalier descendu trop tôt.
  • Les premières années — Le toboggan pris à l'envers, la trottinette, le vélo à roulettes, les glissades sur le carrelage mouillé, la balançoire reçue en pleine figure, les bousculades de la cour de maternelle.
Silhouette de verre d'un adolescent qui chute sur le côté avec son vélo, lui aussi en verre ; trois points ambre vifs s'allument à la hanche, à l'épaule et au poignet, avec des ondes concentriques au sol, et le corps porte déjà une trentaine de points plus petits — genoux, tibias, coudes, mains, crâne, colonne, pieds.

Période 2 · De six à dix-huit ans

Enfance et adolescence

L'âge où l'on tombe le plus — et où l'on oublie le plus vite.

  • À vélo, en rollers, en skate, en trottinette — Les chutes sur le bitume, le guidon dans le ventre, la roue qui bloque, la descente trop rapide, le trottoir pris de travers.
  • Les jeux — Les arbres, les murets, les cabanes, le trampoline, le plongeoir, les batailles — et les chutes de hauteur qu'on n'avoue pas aux parents.
  • La cour de récréation — Les bousculades, le ballon reçu en pleine tête, la chute à plat dos, la glissade sur le gravier, les bagarres.
  • Le sport en club, saison après saison — Les tacles, les têtes et les genoux qui se cognent au football ; les plaquages et les mêlées au rugby ; les chutes du judo, même bien apprises ; les milliers de réceptions au sol de la gymnastique et de la danse ; les chutes de cheval ; les contacts du basket et du handball ; les gamelles à ski et en snowboard.
  • Les accidents — Le scooter ou la mobylette, le vélo contre une voiture, la fracture et son plâtre, les entorses à répétition, la mâchoire sur le guidon.
  • Et, pour certains, les coups reçus — Quand l'enfance a été violente, le corps garde ces chocs-là comme les autres.
Quand les coups viennent de quelqu’un : la rubrique Se protéger →
Silhouette de verre d'un adulte vu de profil, le dos rond, qui soulève une lourde caisse de verre ; une grappe dense de points ambre court le long de toute la colonne, la plus vive dans les lombaires avec des ondes concentriques, et des points plus anciens parsèment le crâne, les bras, les mains, la hanche, les genoux et les pieds.

Période 3 · De dix-huit à soixante ans

Âge adulte

Moins de chutes, mais des chocs qui se répètent tous les jours pendant des années — et les grands événements de la vie.

  • Le travail physique — Porter, soulever, tirer : la manutention, le déménagement, le bâtiment, l'agriculture, les soins (relever un patient), la restauration. Les outils qui frappent ou qui vibrent : marteau, marteau-piqueur, tronçonneuse, meuleuse, cloueur. Les sauts du camion, les heures de tracteur ou de poids lourd sur des routes défoncées.
  • La maison et le jardin — L'échelle, l'escabeau, le toit ; la bêche, la masse, la tronçonneuse du dimanche ; le canapé dans l'escalier, le carton porté de travers, le déménagement.
  • La route — L'accident de voiture, même sans blessure apparente : le coup du lapin, le choc contre la ceinture, la tête contre la vitre. Les chutes de moto, de vélo, de trottinette électrique.
  • Le sport adulte — Les matchs du dimanche, les chutes à ski et en VTT, les sports de combat, les chutes du trail, le sport collectif repris à quarante ans par un corps qui a déjà tout encaissé.
  • Les grossesses et les accouchements — Le corps de la mère encaisse aussi : la naissance elle-même, une césarienne, les gestes d'urgence.
  • Les opérations — Appendicite, ligaments croisés, hernie, arthroscopie, dents de sagesse : chaque intervention est aussi un événement mécanique, y compris quand elle soigne et quand elle sauve.
  • Les chutes bêtes — L'escalier, le verglas, la douche, le trottoir, l'échelle de la piscine, la chaise de bureau qui recule.
  • Les violences — Une agression, des violences dans le couple : le corps les garde comme n'importe quel choc.
Une opération soigne, et sauve — et c’est aussi un événement mécanique →
Silhouette de verre d'une personne âgée, voûtée, appuyée sur une canne de verre ; le corps est saturé de points ambre, en plaques aux hanches, aux genoux, aux épaules, aux mains et aux pieds, reliées par de fins filaments, et le crâne, la colonne et les côtes en sont criblés.

Période 4 · Après soixante ans

Après soixante ans

On prend moins de risques, mais chaque choc pèse plus lourd — et il tombe sur un corps qui a déjà tout empilé.

  • Les chutes — Plus fréquentes et plus lourdes : le tapis, la marche du perron, la baignoire, le trottoir, le jardin, l'échelle qu'on n'aurait pas dû monter. Les réflexes sont plus lents, la réception moins souple.
  • Les fractures — Le poignet, le col du fémur, les côtes, une vertèbre : l'événement d'abord, puis l'immobilisation, puis souvent l'opération.
  • Les opérations, plus fréquentes — Prothèse de hanche ou de genou, chirurgie du dos, chirurgie cardiaque, implants dentaires : chaque geste est un événement mécanique, y compris quand il sauve.
  • Le quotidien qui continue — Le jardin, le bricolage, le bois à rentrer, les courses, les petits-enfants qu'on porte et qu'on rattrape.
  • La route — L'accident de voiture reste un événement à tout âge ; la chute dans un bus qui freine sec en est un autre.
  • Et surtout, le total — Ce que les trois périodes précédentes ont déposé arrive à sa somme. C'est souvent là que le corps cesse de compenser.
Pourquoi si longtemps après ? La pile, la limite, le jour où ça lâche →

Les mots, dans l'ordre

Du choc à l'usure,
sept mots pour tout suivre

  1. 1
    Le choc (ou impact)

    Tout ce que le corps encaisse : une chute, un coup, un accident, un geste brusque. Il laisse une onde de choc dans les tissus.

  2. 2
    L'accumulation

    Les chocs ne s'effacent pas : ils s'additionnent au fil de la vie, du premier à l'enfance jusqu'au plus récent.

  3. 3
    La compensation

    Le corps s'arrange : il déplace l'effort vers les zones encore disponibles. On ne ressent rien, parfois pendant des années.

  4. 4
    La désadaptation fonctionnelle

    Le prix de la compensation : pour continuer à faire le travail, le corps s'écarte de son fonctionnement d'origine (un appui, un angle, un geste).

  5. 5
    Le niveau de saturation atteint

    La limite au-delà de laquelle le corps ne peut plus compenser. Chacun a le sien : sur le schéma, c'est la ligne rouge.

  6. 6
    La décompensation

    Le niveau de saturation est dépassé dans une zone du corps : elle lâche et la douleur y apparaît « sans raison », souvent des années après le premier choc. Et les chocs, eux, continuent d'arriver et de s'accumuler.

  7. 7
    La dégénérescence

    Si rien ne change, les structures qui portaient la charge s'usent. L'usure devient visible à l'imagerie : c'est un aboutissement, pas un point de départ.

La question suivante

Reste une question :
pourquoi si longtemps après ?

Et comment situer où en est une zone du corps ? C'est le rôle du niveau d'altération vibratoire* : une échelle en six niveaux, de « des chocs, mais aucune altération » (niveau 1) au niveau morbide (niveau 6, une hypothèse).

Le niveau d'altération vibratoire

* Selon la Protokinésie. Notion propre à l'approche développée par Franck André à partir de ses observations au cabinet ; elle ne se substitue à aucun avis médical.

L'image qui fait comprendre

Et si tout cela
arrivait le même jour ?

Étalés sur soixante ans, ces chocs paraissent anodins : un par-ci, un par-là, rien de dramatique. C'est l'étalement qui trompe, pas le nombre.

Alors renversons l'échelle de temps. Imaginez recevoir, en une seule journée, tous les chocs de votre vie. Tomber dix fois d'une chaise sur les fesses le même après-midi. Encaisser en quelques heures l'ensemble des tacles de votre carrière de footballeur. Faire en une journée toutes les têtes que vous avez faites en quinze ans de club.

Posez-vous alors la question : dans quel état seraient votre nuque, votre bassin, vos chevilles le soir ? Personne n'hésite à répondre.

Pour le corps, l'étalement change le ressenti, pas le dépôt : les ondes se fixent de la même façon, que les chocs soient espacés de dix ans ou de dix minutes. C'est ce raisonnement qui rend l'accumulation soudain évidente.

Un ordre de grandeur

Ce que vingt-huit ans
de football représentent

Prenons un footballeur professionnel qui a commencé à 7 ans et en a aujourd'hui 35. Cinq entraînements par semaine, un match le week-end, huit mois par an : environ 5 400 journées de pratique sur 28 ans.

Estimons maintenant ce qu'une semaine dépose dans ses jambes : cinq chocs d'intensité faible, deux d'intensité moyenne, un violent — plus un choc très violent par an. Rien d'extraordinaire pour ce sport.

Le total dépasse 41 000 ondes de choc reçues dans le bas du corps. Et ce compte ne retient que le football : ni les chutes de l'enfance, ni les chocs du quotidien, ni ce qu'il a pris dans le dos ou les épaules.

🏷️ Ce nombre est une illustration, pas une mesure. Il découle entièrement des hypothèses posées ci-dessus, qui sont raisonnables mais choisies. Aucun appareil ne compte les ondes de choc d'un corps. Ce que ce calcul montre, ce n'est pas un chiffre exact : c'est un ordre de grandeur — et il suffit à faire comprendre qu'on ne parle pas de quelques chocs oubliés, mais de dizaines de milliers.

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Le Vibratellium

Ces ondes de choc traversent une trame : le Vibratellium.

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