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Découverte · rubrique ② · Les impacts et leurs ondes de choc

Leurs intensités

Section 2 sur 4

Pourquoi les classer

Un barème, pour
rendre l'invisible comptable

Si chaque impact dépose une onde de choc dans le corps, tous les chocs ne se valent pas : une chute, un coup, un accident sont plus ou moins violents. Pour mesurer ce qu'une vie a accumulé, et comparer deux histoires, il faut donc pouvoir les évaluer.

C'est l'objet de ce barème en cinq niveaux. Il ne mesure pas une force physique en joules : il classe ce que la personne a ressenti sur le moment, et ce que le choc a laissé de visible. Deux repères accessibles à tout le monde, et c'est voulu — un patient doit pouvoir situer ses propres souvenirs.

C'est le classement que reprend l'autodiagnostic, puis le bilan fonctionnel protokinésique (BIFOP) : on ne demande pas « avez-vous eu des chocs ? », question à laquelle une personne répond par oui ou non, mais « à quoi ressemblaient-ils ? »

Le barème

Cinq intensités

Sur le moment, ce qu'on ressent. Après, ce qui se voit. Les deux montent ensemble — mais l'onde, elle, entre dans tous les cas.

Le barème des cinq intensités d'onde de choc Cinq barres de hauteur croissante, du niveau 1 « faible » au niveau 5 « extrême ». Sous chaque barre, le nom du niveau. Une ligne de rappel indique que l'onde de choc pénètre dans le corps à tous les niveaux, y compris au niveau 1 où rien n'est visible. 1 2 3 4 5 Faible Moyenne Violente Très violente Extrême à tous les niveaux, y compris le premier, l'onde entre dans le corps
Silhouette de verre d'un adulte qui cogne le genou contre l'angle d'une table basse en verre ; un seul petit point ambre au genou, entouré d'une fine onde, et rien d'autre ne s'allume.

Niveau 1 sur 5

Faible

Une douleur vive et brève, suivie d'un léger picotement ou d'une petite pression. On sait qu'il s'est passé quelque chose.

Ce qui se voit : Quasiment rien.

  • Apprendre à marcher — Les chutes sur les fesses, cinquante fois par jour, sans une larme.
  • Le quotidien — Un coude contre un chambranle, une marche ratée, le genou contre la table basse.
  • Le geste répété — Le ballon reçu mille fois, le carreleur à genoux, le marteau qui rebondit dans le poignet.
Silhouette de verre d'un adulte assis sur une marche d'escalier en verre après une glissade, une main encore sur la rampe ; un point ambre moyen au coccyx, deux ondes autour, et une courte lumière qui remonte le bas de la colonne.

Niveau 2 sur 5

Moyenne

Une douleur nette, une frayeur, parfois une sensation de décharge.

Ce qui se voit : Un bleu, un hématome — rien de grave en apparence.

  • Une chute banale — De vélo à l'arrêt, dans l'escalier en se rattrapant à la rampe.
  • Un coup — La porte de placard sur la tête, un genou adverse au foot, un ballon en pleine face.
  • Ce qui reste — Un bleu qu'on regarde deux jours — puis qu'on oublie, alors que le corps, lui, garde.
Silhouette de verre d'un cycliste projeté au sol, le vélo renversé derrière ; un large éclat ambre au coude qui touche le sol, trois ondes autour, et la lumière qui remonte le long du bras jusqu'à l'épaule, la nuque et le haut de la colonne.

Niveau 3 sur 5

Violente

Une douleur vive et forte, parfois à plusieurs endroits, et une vraie peur. Un étourdissement ou le souffle coupé sont possibles.

Ce qui reste : des douleurs qui durent plus de quatre semaines, des raideurs longues à disparaître.

Ce qui se voit : Hématomes, contusions, plaies, entorses — parfois un tassement vertébral à la radiographie.

  • La vitesse — Une chute de vélo lancé, de trottinette, une glissade à ski, une chute de cheval, une chute sur une plaque de verglas.
  • Le contact — Un plaquage au rugby, une chute au judo, un choc de têtes au foot.
  • Le sol qui arrive vite — Le verglas, l'escalier dévalé, l'échelle basse qui glisse.
Silhouette de verre d'un adulte qui tombe d'une grande échelle en verre et touche le sol par le bassin ; une très large déflagration ambre au bas du dos avec des fissures dans le verre, de larges ondes, et la lumière qui traverse toute la colonne jusqu'au crâne et jusqu'aux genoux.

Niveau 4 sur 5

Très violente

Une ou plusieurs douleurs intenses et aiguës, une peur profonde. Une perte de connaissance ou le souffle coupé peuvent survenir.

Ce qui se voit : Atteintes profondes, déchirures musculaires, fractures.

  • La hauteur — Une chute d'échelle, d'échafaudage, d'un arbre, d'un toit.
  • Les accidents sportifs — Les plaquages et les chocs contre d'autres joueurs (coups de tête, coups de pied violents dans le corps), une chute de vélo, un ballon reçu à pleine vitesse dans le corps (tête, thorax, parties génitales).
  • La route — Une chute de scooter ou de moto à petite vitesse, un choc arrière à l'arrêt en voiture (coup du lapin).
  • Ce qui casse — Une fracture, une entorse grave, une déchirure : une prise en charge médicale suit, et c'est elle qui compte d'abord.
Silhouette de verre allongée au sol près d'une voiture de verre accidentée, floue à l'arrière-plan ; une immense déflagration ambre couvre le tronc, le bassin et le crâne, de très larges ondes traversent tout le corps et le sol, chaque membre est allumé jusqu'aux doigts.

Niveau 5 sur 5

Extrême

Une prise en charge aux urgences ou une opération lourde : il peut être question de survie. La pose d'une prothèse, une chirurgie lourde du dos ou du thorax relèvent de ce niveau.

Ce qui se voit : Traumatismes graves — accident de la route, intervention chirurgicale lourde.

  • La route — Un accident de voiture ou de moto à vitesse réelle, un piéton renversé.
  • Les accidents de sport — Une mêlée de rugby qui s'effondre, un accident dans un sport à risque (plongeon, alpinisme, parapente…).
  • La hauteur — Une chute de plusieurs mètres.
  • L'opération lourde — Une prothèse, une chirurgie du dos ou du thorax : un événement mécanique majeur, même quand il soigne et sauve.

Le contre-sens à éviter

Le niveau 1 n'est pas
le niveau « sans conséquence »

C'est le point que ce barème sert surtout à faire comprendre, et il va contre l'intuition : un choc de niveau 1 dépose lui aussi une onde. Moins qu'un choc violent, certes. Mais il en dépose une.

Or les chocs faibles ont une particularité redoutable : ils sont innombrables, et on les oublie tous. Un enfant qui tombe cinquante fois en apprenant à marcher, un joueur qui reçoit le ballon des milliers de fois, un carreleur à genoux pendant vingt ans. Aucun de ces gestes n'est un accident. Additionnés, ils pèsent souvent plus lourd qu'un traumatisme unique dont on se souvient précisément.

À l'inverse, un choc de niveau 4 ou 5 est identifié, soigné, suivi. Il laisse une trace médicale, donc une prise en charge. Ce sont les niveaux 1 et 2 qui passent entre les mailles : personne ne les soigne, et ils s'additionnent en silence, année après année. C'est ce que la Protokinésie appelle l'accumulation.

Nota bene

La blessure est soignée,
l'onde de choc n'est pas partie

Une fracture opérée en urgence se consolide, une hernie discale est opérée : la blessure est réparée. Mais quel que soit le niveau d'intensité, l'onde de choc reste déposée dans les zones touchées par l'impact*. C'est souvent elle qui entretient, des mois ou des années plus tard, des douleurs que la réparation n'explique pas. Voir la notion de compression →

* Selon la Protokinésie. Cette lecture est propre à l'approche protokinésique, développée par Franck André à partir de ses observations au cabinet. Elle ne se substitue à aucun avis médical.

À retenir

L'intensité décide
de la distance

L'intensité d'un choc joue sur deux choses : ce que l'onde dépose, et jusqu'où elle va. Plus le choc est fort, plus l'onde se propage loin du point d'entrée, et plus elle touche de zones au passage.

Un choc violent peut ainsi créer, à lui seul, plusieurs atteintes distinctes dans des zones qui semblent sans rapport entre elles. C'est l'objet de la section suivante.

⚠️ Ce barème sert à situer un souvenir, pas à poser un diagnostic. Un choc récent, une douleur qui s'aggrave, une perte de force ou de sensibilité demandent un avis médical en priorité — voir les notions et limites.

À suivre · section 3 sur 4

La force de propagation

Rubrique ② · Les impacts et leurs ondes de choc

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