Le point de départ
Le matin, le corps
est à cent pour cent
Un corps qui va bien se lève avec une réserve pleine. C'est ce qui lui permet de tenir debout, de digérer, de réfléchir, de réparer ses tissus et d'encaisser les imprévus de la journée — le tout en même temps, sans qu'il ait à choisir.
Parlons de cent pour cent pour se comprendre : c'est une image, et il faut le dire tout de suite — aucun appareil ne mesure l'énergie d'un corps en pourcentage. Ce qui se mesure, en revanche, c'est ce que vous en constatez : le matin où vous vous levez avant le réveil, et celui où vous vous traînez.
Cette réserve ne se remarque presque jamais quand elle est pleine. Elle ne devient visible que le jour où elle manque.
La dépense
La journée la consomme —
et c'est normal
Tout consomme. Le corps dépense pour maintenir sa température, pour digérer, pour tenir debout ou assis, pour respirer, pour réparer ce qui s'abîme en permanence. S'y ajoutent l'effort, les trajets, les heures d'écran, le bruit — et tout ce qui pèse sans être physique : la contrariété, l'inquiétude, la concentration prolongée, les soucis qu'on rumine le soir.
Rien d'anormal là-dedans : une journée est faite pour entamer la réserve. La fatigue du soir n'est pas un symptôme, c'est le résultat attendu. Le corps prévoit cette dépense, et il prévoit aussi de la compenser.
La question essentielle n'est donc pas : « est-ce que ça me fatigue ? », mais plutôt : « est-ce que je récupère ? »
La recharge
La nuit ne repose pas :
elle reconstitue
Dormir n'est pas seulement s'arrêter. Pendant la nuit, le corps travaille : il range, il répare, il refait ses stocks. C'est là que la réserve se reconstitue, et c'est pour cela qu'une bonne nuit se reconnaît le lendemain matin, pas le soir même.
Ce cycle n'est pas un choix personnel, il est imposé de l'extérieur : l'alternance du jour et de la nuit, la lumière, les saisons. Franck André le formule à sa façon : on peut priver un corps de nourriture pendant plusieurs jours, on ne peut pas le priver du rythme du soleil et de la lune. C'est une source d'énergie qu'on ne remarque plus, parce qu'elle n'a jamais manqué.
Quand tout fonctionne, chaque nuit rend au corps ce que la journée lui a pris : le matin, la réserve est de nouveau pleine. La page suivante parle de ce qui se passe quand la nuit ne suffit plus.
À suivre · section 2 sur 3
Quand la nuit ne recharge plus
Rubrique ⑧ · L'énergie du corps