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Découverte · rubrique ⑨ · La Méthode

La régénérescence

Section 3 sur 4

Ce que le mot désigne

Le corps
se réorganise

Quand une zone en compression est allégée, quelque chose se remet en place. Les tissus qui s'étaient resserrés retrouvent de l'espace ; les plans de glissement recommencent à coulisser ; les structures reprennent un axe de travail plus proche de celui d'origine.

Ce n'est pas le praticien qui replace quoi que ce soit : c'est le corps qui se réorganise une fois la contrainte levée. C'est ce mouvement de réorganisation que Franck André nomme la régénérescence protokinésique.

Concrètement, ce qui se constate d'abord est mécanique : la zone redevient plus malléable à la palpation, l'amplitude d'un mouvement s'élargit, une raideur s'assouplit. Cela peut se remarquer tout de suite, ou dans les jours qui suivent — et parfois pas du tout sur une séance donnée.

Une distinction qui compte

Régénérescence
n'est pas guérison

Les deux mots se ressemblent, et l'un est bien plus grand que l'autre. Nous employons le premier, jamais le second.

Ce que le mot régénérescence recouvre, et ce qu'il ne recouvre pas La régénérescence désigne trois choses observables : une zone qui redevient plus souple à la palpation, une amplitude de mouvement qui s'élargit, une contrainte mécanique qui diminue. Elle ne désigne pas la guérison d'une maladie, la disparition garantie d'une douleur, ni un corps rendu à son état de jeunesse. Ce que le mot recouvre une zone plus souple une amplitude qui s'élargit une contrainte qui diminue Ce qu'il ne recouvre pas la guérison d'une maladie la disparition garantie d'une douleur un corps rendu à sa jeunesse

Ce qui n'est pas promis

Trois réserves,
écrites noir sur blanc

Toutes les zones ne répondent pas. Certaines s'allègent nettement, d'autres partiellement, d'autres pas du tout. Ce qui a été très abîmé, ce qui a été opéré, ce qui porte du matériel ne se comporte pas comme un tissu resté intact.

Le résultat n'est pas prévisible à l'avance. Personne ne peut vous dire, avant de commencer, ce que vous ressentirez au terme d'un programme. Ce qui peut être annoncé, c'est le programme lui-même — son ordre, son rythme, sa durée estimée, son coût.

Rien n'est définitif. Un corps qui continue de recevoir des chocs continue d'en accumuler. Un sport à fort impact, un métier physique, un accident : les zones travaillées peuvent se recharger, et un suivi devient alors nécessaire. Ce n'est pas un échec de la méthode — c'est la vie qui continue.

Il faut ajouter la réserve la plus importante : la Protokinésie ne traite aucune maladie et ne remplace aucun traitement médical. Une pathologie diagnostiquée reste suivie par un médecin, et ce qui relève de l'urgence relève de l'urgence.

Pourquoi ce mot, alors

Parce qu'il dit
d'où vient le mouvement

On pourrait dire simplement « amélioration ». Si Franck André emploie « régénérescence », c'est pour une raison précise : le mot désigne un mouvement qui vient du corps lui-même, pas du praticien.

Le geste ne répare rien : il lève une contrainte. Ce qui se passe ensuite appartient à l'organisme, à sa capacité propre à retrouver une organisation viable. C'est aussi pourquoi cela prend du temps, et pourquoi les résultats varient autant d'une personne à l'autre.

C'est enfin ce qui distingue cette étape d'un soulagement : on ne cherche pas à faire taire un signal, on cherche à retirer ce qui le produit — puis on laisse le corps faire, en relevant régulièrement ce qui a bougé, y compris quand rien n'a bougé.

La question qu'on pose

Peut-on se faire traiter
tous les jours, pour aller plus vite ?

La réponse est non, et elle tient à ce qui vient d'être dit : c'est le corps qui se réorganise, pas le praticien. Or le corps a un rythme.

Souvenez-vous de l'image des impacts accumulés : recevoir en une seule journée tous les chocs d'une vie, personne n'y résisterait. L'inverse est vrai aussi. Un traitement qui voudrait défaire en cinquante ou soixante heures d'affilée ce qui s'est empilé pendant trente ans demanderait au corps exactement le même effort — dans l'autre sens. Le corps est lent à encaisser, et il est lent à récupérer.

C'est pourquoi les séances peuvent s'enchaîner, mais dans le respect de l'organisation du corps lui-même : à un rythme qui lui laisse le temps de se réorganiser entre deux, qui se décide au bilan fonctionnel protokinésique (BIFOP), et pas sous la dictée de l'impatience. Aller plus vite que sa propre nature n'est pas aller plus vite : c'est demander à un corps déjà chargé d'encaisser encore.

À suivre · section 4 sur 4

Redevenir qui on était

Rubrique ⑨ · La Méthode

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