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Découverte · rubrique 7

Un vide de
compréhension

Des millions de personnes ont mal, et les examens ne trouvent rien. Plusieurs sources de référence, l'Organisation mondiale de la santé, l'Association internationale pour l'étude de la douleur et la Société française d'étude et de traitement de la douleur, laissent à penser qu'il manque un maillon dans la compréhension de l'origine de nombreuses douleurs.

Le constat

On peut avoir réellement mal
sans que les examens trouvent pourquoi

12 millions

de Français, au moins, vivent avec une douleur chronique. Et 2 patients sur 3 ne sont pas soulagés par leur traitement.

Source : Société française d'étude et de traitement de la douleur (SFETD), dossier de presse, juin 2022 ↗

Notre réflexion

Quand autant de personnes ont mal, et que la plupart ne trouvent pas de soulagement durable, la question n'est plus de savoir si leur douleur est réelle. La question est de savoir d'où elle vient. Les trois exemples qui suivent montrent pourquoi cette question reste souvent sans réponse.

Exemple 1 · Organisation mondiale de la santé

Mal au dos : 9 fois sur 10,
aucune cause précise

Ce que dit la source

Quand on a mal au dos, l'OMS parle de lombalgie « commune » lorsque l'origine de la douleur n'est pas trouvée. Sa définition :

« La lombalgie est dite commune lorsqu'il n'est pas possible de rattacher la douleur à une maladie précise ou à un problème structurel. »

C'est le cas dans environ 90 % des lombalgies. En 2020, 619 millions de personnes en souffraient dans le monde.

Source : OMS, aide-mémoire Lombalgie, 2023 ↗

Exemple

Mal au dos depuis six mois. Les examens sont faits :

  • RadiographieNormale
  • IRMRien qui explique la douleur
  • La douleurToujours là

Sur 10 personnes qui ont mal au dos, 9 sont dans ce cas :

Notre réflexion

Ne pas trouver de cause ne veut pas dire qu'il n'y en a pas. Cela veut dire que la cause n'est pas de celles qu'une radiographie ou une IRM a été conçue pour montrer : une fracture, une hernie, une usure. Une question reste ouverte : que s'est-il passé dans ce dos, bien avant l'examen ?

Exemple 2 · Classification internationale des maladies

Une douleur reconnue,
même quand rien ne l'explique

Ce que dit la source

Depuis 2022, la classification officielle des maladies de l'OMS (CIM-11) contient une catégorie à part entière : la douleur chronique primaire, une douleur qui dure depuis plus de trois mois. Elle précise que ce diagnostic s'applique

« à moins qu'un autre diagnostic ne permette de mieux expliquer les symptômes présentés. »

Source : OMS, CIM-11, MG30.0 Douleur chronique primaire ↗

Exemple

Des douleurs depuis plus de trois mois. On cherche une maladie qui les explique :

  • ExamensAucune maladie trouvée
  • Autre diagnosticAucun ne l'explique
  • La douleurReconnue quand même

Notre réflexion

En créant cette catégorie, la classification internationale reconnaît deux choses à la fois : la douleur est réelle, et son explication manque parfois. C'est l'aveu honnête d'une limite. Et une limite, c'est aussi l'endroit où une autre façon de chercher peut commencer.

Exemple 3 · Association internationale pour l'étude de la douleur

Avoir mal sans lésion visible :
une réalité reconnue

Ce que dit la source

L'IASP, qui fixe les définitions de la douleur utilisées dans le monde entier, décrit une douleur qui survient

« malgré l'absence de preuve claire d'une lésion tissulaire, réelle ou menacée. »

Elle rappelle aussi que la douleur et le signal envoyé par les nerfs sont deux phénomènes différents : on ne peut pas déduire l'une de l'autre.

Source : IASP, Terminology, douleur nociplastique (en anglais, traduit par nos soins) ↗

Exemple

Une personne a vraiment mal. Les examens cherchent une lésion :

  • Lésion recherchéeIntrouvable
  • La douleurBien réelle

Notre réflexion

Si l'on peut avoir mal sans lésion visible, alors chercher l'origine d'une douleur uniquement dans ce qui se voit laisse une partie du chemin dans l'ombre. Ne rien voir ne veut pas dire que la douleur est imaginaire : cela veut dire qu'elle vient peut-être d'ailleurs.

Ce que ces trois exemples ont en commun

La douleur est toujours là,
l'imagerie ne voit rien

La chaîne : l'imagerie ne voit rien, le chaînon manquant, la douleur toujours là Trois maillons d'une chaîne. À gauche, un maillon plein : l'imagerie, qui ne voit rien. À droite, un maillon plein : ce que ressent la personne, une douleur toujours là. Au milieu, un maillon en pointillés, ouvert, marqué d'un point d'interrogation : le chaînon manquant. Une flèche descend de ce maillon vers la piste de la Protokinésie : l'histoire des impacts, sous le seuil de l'image. L'imagerie Ne voit rien Ce que ressent la personne Une douleur toujours là ? Le chaînon manquant La piste de la Protokinésie L'histoire des impacts, sous le seuil de l'image La chaîne : l'imagerie ne voit rien, le chaînon manquant, la douleur toujours là, et la piste de la Protokinésie L'imagerie Ne voit rien ? Le chaînon manquant Ce que ressent la personne Une douleur toujours là La piste de la Protokinésie L'histoire des impacts, sous le seuil de l'image

La personne a toujours mal, et l'imagerie ne voit rien. Entre les deux, il manque un maillon : ce qui relie cette douleur à son origine, et que les examens ne montrent pas.

Pourquoi l'imagerie ne voit-elle rien ? C'est l'objet de la page suivante.

À suivre · section 3 sur 3

Le seuil de visibilité

Rubrique ⑦ · Invisible à l'imagerie

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